
La Fédération de pêche du département de l’Ariège nous a fait part de son désappointement suite à une émission TV concernant les espèces exotiques envahissantes, au cours de laquelle la production n’a pas hésité à diffuser de fausses informations pour soutenir une propagande visiblement antispéciste.
Ce reportage concernait l’introduction, dans un lac pyrénéen, de la truite arc-en-ciel (Onchorynchus mikiss [synonyme Salmo gairdneri]) qui, d’ailleurs, n’est pas classée envahissante. Mais cela, les équipes de tournage n’ont jamais voulu l’entendre.
Lors de la diffusion du reportage, les équipes de la Fédération de pêche de l’Ariège n’ont pu que constater une réalité totalement travestie laissant croire à la découverte d’actions cachées (pourtant rendues publiques dans les outils de communication de la Fédération), à une orchestration de la dramaturgie sur la base d’arguments erronés et des assertions totalement irréelles (déversement d’œufs de truite par hélicoptère !).
Jamais la parole n’a été donnée aux biologistes fédéraux qui auraient pu apporter une contradiction scientifique aux arguments avancés par la production.
Cette triste affaire pose question quant à la véracité et la sincérité des reportages TV qui peuvent être diffusés.
Il est fort probable, qu’un jour ou l’autre, une association aquariophile reçoive une proposition de reportage.
Il est donc crucial pour les associations aquariophiles de faire preuve de prudence si elles sont approchées par des sociétés de production TV, en particulier par celles connues pour leur orientation animaliste.
Voici quelques points à considérer :
1/ Objectifs de la société de production :
• Sensibilisation : l'émission vise-t-elle à informer le public sur la cause aquariophile de manière équilibrée et éducative ?
• Divertissement : l'objectif principal est-il de divertir, quitte à aller jusqu’à simplifier voire dramatiser la réalité ?
• Militantisme : l'émission cherche-t-elle à promouvoir une vision spécifique du droit des animaux ?
• Intérêts financiers : la société de production cherche-t-elle avant tout à réaliser un profit, au risque de manipuler l'information ?
2/ Contenu de l’émission
• Représentation des animaux : comment les animaux seront-ils présentés ? L'émission risque-t-elle de véhiculer des stéréotypes ou de provoquer l'émotion sans nuance ?
• Message véhiculé : quel est le message principal de l'émission ? Correspond-il aux valeurs et aux objectifs de l'aquariophilie ?
• Ton et style : l'émission sera-t-elle informative, humoristique, polémique ? Le ton est-il adapté au public ciblé et au message qui doit être transmis ?
• Montage : quel contrôle l'association aura-t-elle sur le montage final ? Le risque de distorsion ou de manipulation de l'information est-il élevé ?
3/ Public ciblé :
• Type de public : à qui s'adresse l'émission ? Grand public, spécialiste ?
• Sensibilité : le public ne risque-t-il pas d'être choqué par certaines images ou certains propos ?
• Réactions : quelles seront les réactions du public ? L'émission risque-t-elle de susciter des réactions négatives ou de nuire à l'image de l’aquariophilie ?
4/ Conséquences pour l'association :
• Image : l'association peut-elle contrôler son image et le message qu'elle souhaite transmettre ? L'émission risque-t-elle de ternir ou de desservir l’aquariophilie ?
• Notoriété : l'émission peut-elle accroître la notoriété de l'aquariophilie et sensibiliser un public plus large à sa cause ?
• Moyens : l'association dispose-t-elle des moyens humains et financiers pour participer à l'émission et en assurer le suivi ?
Recommandations :
• Informer : se renseigner sur la société de production, ses réalisations précédentes et son orientation idéologique.
• Analyser : examiner attentivement le contenu de l'émission, le message véhiculé, le ton et le style.
• Négocier : négocier le contenu de l'émission, le droit de regard sur le montage et les garanties concernant la représentation des animaux.
• Communiquer : préparer une stratégie de communication pour anticiper les réactions du public et gérer les éventuelles controverses.
• Refuser : si les risques sont trop importants ou si les objectifs de la société de production ne correspondent pas aux valeurs de l'aquariophilie, il est préférable de refuser la proposition.
En conclusion, les associations doivent peser soigneusement le pour et le contre avant d'accepter toute proposition d'émission de télévision. Il est essentiel de protéger leur image et celle de l’aquariophilie, de s'assurer que le message véhiculé est conforme à leurs valeurs et de maîtriser les conséquences de leur participation.
En tout état de cause, n’hésitez pas à en référer à la Fédération qui pourra vous apporter son aide, notamment par l’intermédiaire de son service juridique.


