COP 17

À l'occasion de la COP17 sur la biodiversité, qui se tient du 19 au 30 octobre 2026 à Erevan, en Arménie, FédéAqua et ProNaturA France souhaitent rappeler une réalité trop souvent négligée :

les éleveurs responsables, aquariophiles, ornithophiles, herpétophiles…  et leurs associations, quelles que soient leurs spécialités,  sont des acteurs essentiels de la préservation de la biodiversité.

Alors que les États examinent les moyens d'accélérer la mise en œuvre des engagements internationaux en faveur de la biodiversité, nous nous inquiétons de mesures réglementaires qui, si elles étaient conçues sans concertation avec les acteurs de terrain, pourraient produire des effets contraires aux objectifs poursuivis.

Le projet de listes positives des espèces autorisées à être détenues illustre cette difficulté. Une politique de protection ne peut se limiter à déterminer quelles espèces seraient autorisées ou interdites sans examiner les conséquences de ces choix sur l'élevage conservatoire, la transmission des connaissances et la préservation des populations animales.

La Liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) recense les espèces selon leur risque d'extinction. Or, le classement d'une espèce comme menacée ne signifie pas que sa maintenance et sa reproduction en milieu contrôlé sont nécessairement incompatibles avec sa conservation. Au contraire, dans certaines situations, l'élevage conservatoire contribue à préserver des populations de secours et à développer les connaissances nécessaires à leur sauvegarde.

Le travail conduit sur les poissons Goodeidés du Mexique en fournit une illustration concrète. Le Goodeid Working Group, auquel FédéAqua a apporté son soutien, réunit des aquariophiles, des scientifiques et des établissements spécialisés autour de la reproduction d'espèces menacées, de la conservation des souches et de la protection des habitats naturels. La réintroduction réussie de Zoogoneticus tequila, disparu à l'état sauvage, témoigne de l'intérêt potentiel de cette coopération.

Cet engagement rejoint les principes de la Convention sur la diversité biologique, dont l'article 9 reconnaît la place de la conservation ex situ en complément de la conservation dans les milieux naturels.

Nous ne prétendons pas que l'élevage puisse remplacer la protection des habitats, ni que toutes les espèces doivent pouvoir être détenues sans conditions. Nous affirmons en revanche qu'une politique efficace doit distinguer les risques réels liés à certaines pratiques des contributions positives apportées par les éleveurs responsables.

Écarter ces acteurs des décisions, ou fragiliser leurs activités par des restrictions insuffisamment évaluées, reviendrait à se priver de compétences, de moyens de reproduction et de réseaux de conservation qui peuvent contribuer à la sauvegarde d'espèces menacées.

FédéAqua et ProNaturA France appellent donc à une approche fondée sur les connaissances scientifiques, la proportionnalité des mesures et la concertation avec les éleveurs, les aquariophiles, les chercheurs et les établissements zoologiques.

La préservation de la biodiversité exige la mobilisation de tous les acteurs capables d'y contribuer. Elle doit s'appuyer sur leurs compétences et leurs engagements, plutôt que de les considérer a priori comme un obstacle à la protection du vivant.


Références

Convention sur la diversité biologique, article 9, relatif à la conservation ex situ :

Chaque Partie contractante doit, dans la mesure du possible et selon les circonstances, et principalement en vue de compléter les mesures in situ :

a) Adopter des mesures pour la conservation ex situ des composantes de la diversité biologique, de préférence dans le pays d’origine de ces composantes ;

b) Mettre en place et maintenir des installations pour la conservation ex situ et la recherche sur les plantes, les animaux et les micro-organismes, de préférence dans le pays d’origine des ressources génétiques ;

c) Adopter des mesures pour le rétablissement et la réhabilitation des espèces menacées et pour leur réintroduction dans leurs habitats naturels dans des conditions appropriées ;

d) Réglementer et gérer la collecte de ressources biologiques dans les habitats naturels à des fins de conservation ex situ de manière à ne pas menacer les écosystèmes et les populations d'espèces in situ, sauf lorsque des mesures ex situ temporaires spéciales sont requises en vertu du sous-paragraphe c) ci-dessus; et

e) Coopérer à fournir un soutien financier et autre à la conservation ex situ décrite aux alinéas a) à d) ci-dessus et à la mise en place et à l’entretien d’installations de conservation ex situ dans les pays en développement.

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FédéAqua, présentation de son action en faveur de l'élevage conservatoire : L'aquariophilie au service de la biodiversité

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FédéAqua, soutien au Goodeid Working Group : Présentation du programme de conservation

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